NexLibération: « »TOP CHEF » DONNE UNE FAUSSE IMAGE DE LA CUISINE ET DES CUISINIERS»

Forte d’un succès qui ne se dément pas, l’émission de M6 reprend ce mercredi soir, pour la neuvième saison. Au grand dam du chef Bruno Verjus, qui déplore le goût du spectaculaire et de l’éphémère.

Ce mercredi, reprise de Top Chef, l’émission de télé-réalité avec de vrais morceaux de bonne cuisine à l’intérieur (sur M6, 20 h 55). C’est la neuvième saison de ce programme inventé aux Etats-Unis et rendu classieux par l’intervention de grands chefs en France – les candidats sont «coachés» et évalués par Hélène Darroze, Philippe Etchebest, Jean-François Piège et Michel Sarran. Populaire, l’émission peut donner envie de mitonner chez soi ou d’aller au resto. On en était là, au téléphone, avec des cuisiniers, pour savoir si le comportement des clients avait bougé sous l’effet de la télé, quand on est tombé sur Bruno Verjus, très agacé par l’émission. Le maître de La Table (Paris, XIIe) dénonce la starification de son métier.

Qu’est-ce qui vous met en boule dans Top Chef ?
Son côté pornographique.
Ça commence bien !

C’est un enchaînement de tensions, qui caressent le cerveau reptilien à la manière d’un film pornographique. Ce genre d’émission ne cherche pas à orthonormer l’individu, à lui donner des éléments d’analyse comme certains programmes de bouffe sur Arte. On fait appel aux instincts les plus basiques : le spectacle, la compétition, le sang, les larmes. Top Chef donne une fausse image de la cuisine et des cuisiniers. Non, on ne peut pas créer de grands plats et ouvrir son resto à 22 ans.

Selon vous, pourquoi le programme rencontre-t-il une si forte audience (2,7 millions de téléspectateurs en moyenne en 2017) ?

Lire l’article sur le site NexLibération